À la recherche du temps perdu...
Redige par Charlène Salomé le 8 juillet 2011
L’été est arrivé. Chaleur, plage, mer et serviettes au vent, air iodé, goût de sel sur le bout de la langue. Et il est un artiste qui sait capter ces moments ! Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris consacre une rétrospective à l’artiste français Marc Desgrandchamps. Baigneuses, scènes de plage, figures féminines au regard flottant... L’occasion pour tous de découvrir l’univers onirique de ce peintre de l’évanescent. Alors n’attendez plus pour fouler de vos pieds le sol du musée parisien !
« Je crée avec des bribes de mémoire, à partir d'évènements fortuits, des situations indéterminées que je considère comme des non-lieux ». Peintre de la transparence, du souvenir et des non-lieux, Marc Desgrandchamps connaît une longue traversée du désert après sa première exposition au Centre Pompidou en 1987. Figuratif à ses débuts, il met alors en scène des personnages pensifs et mélancoliques, cernés de noir sur fond clair. Abandonnant peu à peu ses références expressionnistes au peintre allemand Max Beckmann, il choisit désormais de représenter des paysages animés de figures : baigneuses, scènes de plage, serviettes au vent, toujours représentés sur fond de ciel bleu. L’artiste semble omnibulé par les figures féminines, mais elles sont loin d’être érotisées et sensuelles, elles portent les traces du temps qui passe. Elles ne semblent souvent qu’une trace dans le paysage, une silhouette, le regard figé, la face inexpressive. Elles apparaissent fuyantes, inssaisissables.
La rétrospective que lui consacre le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris se propose de suivre l’évolution de l’artiste à travers 40 peintures de grand format et une sélection d’œuvres sur papier (gouaches, dessins, ou encore collages). Son œuvre est imprégnée de références cinématographiques, notamment aux films d’Antonioni, dont il avoue s’inspirer. Elles sont pour leur auteur à l’image de « ces films où le paysage défile à l’arrière plan alors que les acteurs restent immobiles sur le plateau du studio ». Ses scènes de plage sont fortement influencées par le film Le Fanfaron de l’italien Dino Risi, et il n’hésite pas à réaliser des dyptiques, qui rappellent les plans cinématographiques.
Ceux qui reprochent à l’artiste français sa simplicité, n’ont pas puisé assez profondément dans son œuvre. Sa naïveté n’est qu’apparente. Bien plus que la description d’une scène précise, sa peinture offre un jeu de transparences et de couleurs fluides, presque liquides laissant apparaître des coulures. Réel et imaginaire s’imbriquent et se confondent. L’imprécision des scènes évoquées, les corps tronqués, traversés par l’horizon, sont comme ces rêves oubliés au petit matin, dont il ne reste qu’une vague impression au réveil. Ses toiles commémorent un souvenir, une apparition qu’on devine éphémère comme si ce que nous vivions ne nous appartenait pas. Sa peinture est comme ces souvenirs qui ont subi l’érosion du temps. Evanescents, il n’en reste qu’une impression à l’image de la réminescence proustienne.
Exposition Marc Desgrandchamps au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
Jusqu’au 4 septembre 2011.
www.mam.paris.fr











