DEEP END / Liaisons dangereuses
Redige par Charlène Salomé le 12 juillet 2011
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Pour tous ceux qui seraient hésitants, quant au choix du film à voir cette semaine. Je vous en conseille un. Un classique pour briller en société ! Deep End reste pour certains critiques acerbes, le meilleur film de Jerzy Skolimowski. Réalisateur de Walk Over ou encore de La Barrière, le cinéaste polonais renverse les clichés du Swinging London. Ironie et poésie, sensualité et perversité imprègnent le film, qui vous rappelera vos années juvéniles. Réalisé en 1970 et longtemps resté oublié au grenier, Deep End retrouve aujourd'hui le chemin des salles obscures !
Odeur de soufre et de chlore pour un des films les plus déroutants de l'année 70... et de 2011. Près de quarante ans après sa première sortie en salles, Deep End ressort du fond des placards. L’année 2011 est sans conteste l’année de Jerzy Skolimowski ! Honoré au Festival Paris Cinéma cette semaine, remarqué au Festival de Venise, il y a quelques mois, avec Essential Killing, qui offre à Vincent Gallo, un rôle dérangé et dérangeant tout en nuances. Inquiétant et mystérieux, à l'image des quartiers de l'Est londonien des années 70, Deep End oscille entre la comédie outrancière, à la limite du burlesque, et le drame sur l'âge des premiers émois. Skolimowski ose le mélange des genres en proposant un scénario entre thriller psychologique et tragédie romantique.
Mike a 15 ans, lorsqu’il trouve un petit boulot aux bains publics de l’East London, qui ressemblent davantage à une maison close de pacotille où s’expriment les désirs les plus pervers. Il y rencontre Susan, et en tombe rapidement amoureux. Et il y a de quoi Jane Asher, alors petite amie du plus célèbre des Beattles, Paul McCartney, y campe une jeune femme libérée, joueuse et mystérieuse, sensuelle et provocante. L'inexpérimenté Mike voue un amour passionnel pour la jeune femme, qui se joue de son intérêt pour elle. Mais l'obsession peut virer à la folie...
Un film qui casse la figure utopique et symbolique de la jeunesse. Londres est filmé comme une de ces anciennes villes communistes, que Skolimowski connaît tant, froides et déshumanisées. L’intérieur des bains, au contraire, est kitch. La chevelure rousse de la « Soho bitch » Susan contraste avec les murs entièrement peints en vert, rouge ou jaune, qui n’est pas sans rappeler les décors colorés des films de Jacques Demy. Le film, sensuel, déroutant, est comme ces transes hypnotiques, rythmées par le rock énervé de Can, et le "But I Might Die Tonight" de Cat Stevens, obsédantes et enivrantes, on ne les oublie jamais...
DEEP END
(Carlotta Films)
de Jerzy Skolimowski
Avec Jane Asher, John Moulder-Brown et Christopher Sandford











