Déjà nostalgique

Redige par Anaëlle Elegoët le 20 juillet 2011

Suite à mon petit historique sur l’histoire du festival des Vieilles Charrues de Carhaix en Centre Bretagne, je vais vous raconter sa formidable vingtième édition qui vient de se terminer et dont je reviens quelque peu ébranlée.

Ce n’était pas ma première fois, j’y étais déjà allée en 2008 écouter The Hives, Ben Harper, Motorhead et bien d’autres, je connaissais donc un peu et il me tardait d’y retourner surtout que cette année, les Vieilles Charrues et moi, on fête nos vingt ans.

Le festival commence le jeudi, seulement, pour espérer avoir une place dans le camping pas trop loin du site où sont les scènes de concert, mieux vaut se lever tôt ! C’est pourquoi nous étions dès le mercredi après-midi prêts à s’installer, tentes et sac à dos sous le bras et heureux d’être arrivés après des mois d’attente. Evidemment, quand on vient aux Vieilles (oui au bout de vingt ans on peut se permettre quelques familiarités) il ne faut pas espérer dormir dix heures d’affilées et faire une grasse mat’ tranquille. Bien que particulièrement équipés cette année (matelas qui se gonflent automatiquement, couettes et couvertures à la place de sacs de couchage), il était impossible de trouver le sommeil grâce aux joyeux lurons qui avaient trouvé domicile cinq centimètres derrière nos tentes.

Mais il faut plus qu’une sieste en guise de nuit pour décourager un festivalier et le magnifique soleil du lendemain a donné le ton. La tradition aux Vieilles Charrues, c’est de prendre l’apéro et d’y inviter ses voisins et toute personne passant à proximité, n’importe quand dans la journée ou la nuit en criant très fort. Il est donc vraiment facile de se faire des amis (envisager plus n’est pas conseillé compte tenu des conditions d’hygiène restreintes de chacun durant quatre jours) et un peu moins de se rappeler l’heure des concerts et même de ce qu’on voulait voir. Cependant, jeudi, j’ai quand même pu voir Jean-Louis Aubert, j’avais bien envie d’entendre « Mon alter ego » et ainsi chanter très fort et très faux dans les oreilles des malheureuses personnes proches de moi. On a pu entendre ensuite The Hyenes (Noir Désir sans Bertrand Cantat) ou encore Kaiser Chiefs, j’ai dansé un slow sur « wind of change » de Scorpions et chanté nananana héhéhé Snooop Dooog toute la nuit.

Nous étions un eu déçus de la programmation du vendredi, nous avons donc décidés de fêter ça au camping et une chose en amenant une autre, j’ai raté Eddy Mitchell. Sur le chemin, j’ai demandé à un garçon si il connaissait les paroles de la fille aux yeux menthe à l’eau et il a chanté du début à la fin de façon remarquable, j’étais contente. Il y avait aussi ce jour là Jack Johnson, Soprano, Foals, Stromae et pour finir David Guetta. C’était assez incroyable de voir des milliers de personnes danser dans cette boîte de nuit en plein air.

Me suis donc réveillée samedi vers 16h, juste à temps pour Angus et Julia Stone, un frère et une sœur comme je les aime, hippies à souhait. Aaron ensuite pour déprimer un bon coup, The Shoes pour se remonter le moral et ensuite Yannick Noah qui a mit l’ambiance dans la brousse. Malheureusement il n’a pas retiré son tee-shirt mais je peux aisément lui pardonner car il s’est approché très prés de la foule et j’ai pu faire ma groupie même si j’ai un peu honte de l’avouer. Le meilleur de cette journée reste quand même le concert de The Bloody Beetroots (qui se traduit effectivement par les betteraves sanglantes vous avez raison), groupe électro pour se défouler bien comme il faut.

Dimanche réveil sous la pluie, heureusement, j’avais prévue une paire de bottes en caoutchouc mauves qui me donnaient l’impression d’être à Woodstock. Après le sempiternel apéro, on est allés chanter tout ce qu’on savait sur le zizi avec Pierre Perret, et on a même croisé le très connu drapeau string ! Oui d’accord faut y être allé pour connaitre, en gros ce sont des amis qui viennent depuis onze ans au festival avec un drapeau breton formé de strings noir et blanc. Ensuite il a fallu admettre que si on penchait la tête devant Lou Reed ce n’est pas parce qu’on était en admiration mais bien parce qu’on piquait du nez. Le festival s’est achevé comme il avait commencé : par un grandiose feu d’artifice.

Il ne reste plus à présent qu’à compter les jours avant la prochaine fois : 356, 355, 354 … 

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