SUBMARINE / Les eaux troubles de l'adolescence

Redige par Charlène Salomé le 25 juillet 2011

L’adolescence c’est un peu le moment de l’affirmation de soi. On expérimente, on vivote pour tenter de garder la tête hors de l’eau, ne pas révéler ses sentiments. Pas facile pour un jeune éphèbe de survivre au sein d’une société qui perçoit toute forme d’épanchement comme une faiblesse. Submarine, premier film de Richard Ayoade, révèle les chroniques tarabustées d’un de ses jeunes pubères.



Oliver Tate a 15 ans. Comme beaucoup d’adolescents de son âge, il est en proie à une crise existentielle, il se cherche, passe par des phases : pipe, lancé de pièces, chapeaux, « mais rien ne dure ». L’adolescent aime s’écouter parler, et s’invente une vie à la manière d’un film de Godard. L’amusante rétrospective, en super 8, de « ses deux semaines de relations avec Jordana » est, sur ce point, tout à fait parlante. Il pense même à ses funérailles, et aux éloges que ses petits camarades pourraient bien lui dédier. Il s’imagine parfois, souvent, comme le centre du monde. Adolescent fantasque et intelligent, Oliver n’en est pas moins confronté à certains problèmes de son âge : le premier, se trouver une copine pour devenir un homme, le second sauver ce qu’il reste à sauver du couple peu glamour que forment ses parents.

Premier film de Richard Ayoade, qui s’était fait remarqué pour avoir clippé une bonne partie de la sphère indie-rock, des Arctic Monkeys aux Yeah Yeah Yeahs en passant par Vampire Weekend, Submarine offre un regard frais et original sur le monde intériorisé de l’adolescence, bien loin  des niaiseries juvéniles, que l’on a l’habitude de voir sur le sujet. Il se présente sous la forme d’un journal intime, fait de collages, rythmé de voix off et de ralentis. Oliver souffre d’une légère tendance à romancer sa vie, pour preuve, le film se découpe en trois chapitres : la petite amie (Jordana), le voisin, une espèce de ninja complètement allumé, accessoirement ex-chéri de la mother (Graham), et le dernier, le « Show Down » d’Oliver.

Après avoir réalisé une tournée des Festivals les plus renommés : Sundance, Berlin ou encore Toronto (rien que ça !), le film a reçu les éloges de la presse, qui le qualifie de « meilleur comédie britannique depuis des années ». La formule fonctionne : un humour pince-rire typiquement british, une pincée d’ironie sur les névroses d’un adolescent de 15 ans, un petit côté vintage : du super 8 à la coupe de cheveux de la petite-amie, qui rappellent les ingrédients de la Nouvelle Vague. Aussi anglais soit-il, Submarine possède les atours d’un cinéma américain indépendant chéri. On pense évidemment à Juno de Jason Reitman.

Le film est rythmé par une splendide bande-annonce aux faux-airs de mélodies des années 50, signée Alex Turner. Pour vous faire une idée, écoutez la très belle ballade « Pilledriver Waltz ». Des compositions douces-amères, portées par la voix juvénile du Artic Monkey, à l’image du film. Un film qui nous rappelle que l’immaturité a parfois du bon…

La bande-annonce c'est par ici !

 

Submarine

De Richard Ayoade

(Mars Distribution)

Avec Craig Roberts, Yasmin Paige, Noah Taylor, Paddy Considine et Sally Hawkins

Sortie : le 20 juillet. 

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