Un jour mon prince viendra
Redige par Anaëlle Elegoët le 6 juillet 2011
En ce jour de mariage princier, je m’interroge : les princes et princesses font-ils encore rêver ?
Dans les histoires, les princes et princesses étaient des personnages aux caractéristiques extraordinaires. La princesse était toujours la plus belle du royaume, dotée d’une gentillesse remarquable et de la capacité à chanter avec les oiseaux en levant une de ses délicates mains (balèze). Le prince, quant à lui, était courageux, élégant et arborait le plus saillant des brushings. Leur histoire d’amour se voyait entravée par différentes complications (méchante belle-mère, enfermement dans une tour, incompatibilité inter-espèces …) mais tout était toujours bien qui finissait bien.
De nos jours, au temps de la lutte pour la parité aussi bien professionnelle que familiale, de la supériorité salariale de la femme au sein de certains couples ou même de la volonté assumée de ne pas avoir d’enfants, est-il encore possible d’incarner la princesse charmante et le prince barbant ?
Imaginons. Petite fille, vos parents viennent le soir vous lire une histoire. Bien bordée, les yeux clos, vous entendez parler d’une jeune princesse vivant dans un grand château dans le plus magnifique des royaumes qui n’ait jamais existé jusqu’à ce jour. Cette princesse, au nom aussi joli que celui d’une fleur des champs, grandissait paisiblement à l’abri des contrariétés de la vie. A l’aube de ses seize ans, alors qu’elle se baladait au bord de la rivière, elle rencontra un jeune homme aussi beau qu’intelligent. Ils discutèrent une journée entière et la fouge dont la princesse faisait preuve lorsqu’elle énonçait ses convictions écologiques fit tomber le jeune éphèbe en pamoison.
Après un nombre d’années approprié et respectueux des bonnes mœurs, le couple s’installa dans un charmant manoir non loin du château où la belle avait grandit. Très rapidement, le prince évoqua le souhait d’épouser la femme de ses rêves et d’avoir avec elle beaucoup d’enfants. La princesse quant à elle envisageait de terminer sa thèse sur le traitement des eaux usées rejetées dans la rivière où vivait ses amis poissons. Déçu, le prince décida de prendre maitresse car il était beau et intelligent mais manquait de courage pour affronter le dragon. Lorsque la princesse se rendit compte de la traitrise, il lui proposa une nouvelle fois de l’épouser mais celle-ci refusa et le jeta dehors avec sa malle et son destrier.
La princesse termina sa thèse, sauva la faune et la flore en rapportant au passage des milliers d’écus, fréquenta un nombre honorable de princes à la cour et eu beaucoup de chaussures et de sacs. Fin.
Que seraient nos vies si les histoires de nos enfances ressemblaient à celle là ? Nous serions probablement beaucoup plus équilibrés et certainement pas à la recherche du prince charmant. Nous ne le saurons jamais. En attendant, je m’en vais de ce pas regarder le mariage d’un prince et d’une roturière future princesse, preuve que l’histoire change tout de même un peu.











